Camillenchine, le blog d'une française à Pékin

Blog de Camille en Chine, la vie d'une française à Pékin - French blog in Beijing

09 août 2008

Les révoltés de Gulou

gulou

Après une petite halte chez moi le temps de recharger un peu la batterie de mon vélo électrique (je sais pas si pour vous c'est pareil mais moi je m'arrange toujours pour être à plat quand il faut pas, que ce soit avec le téléphone portable, le vélo ou l'appareil photo), je suis repartie gonflée à bloc après mon bain de foule de l'après-midi, dans le but de vivre la cérémonie d'ouverture des jeux en compagnie des Pékinois du quartier de Gulou (tout près des tours de la Cloche et du Tambour), où j'avais repéré un grand écran le weekend dernier.

19h38, à quelques vingt minutes du début, seulement une cinquantaine de personnes sont installées face à l'écran, derrière des barrières qui délimitent une zone de "sécurité" d'une dizaine de mètres bien inutile. Cette installation ne laisse pas plus de 4 mètres pour s'asseoir entre les barrières et la chaussée, certains ont donc pris place de l'autre côté de la rue.

Des badauds passent mais ne s'arrêtent pas, je suis à deux doigts de désespérer, ce n'est donc pas une légende, ils vont vraiment tous se terrer chez eux pour regarder la cérémonie. Snif.

Tant pis, je m'assois quand même entre un pépé et un jeune totalement hypnotisé par l'écran. Et rapidement le public grossit. Quand je me retourne un quart d'heure après être arrivée, ce ne sont plus cinquante mais deux cent personnes qui attendent que le spectacle commence. Chouette ! Je l'ai mon 1998 !

20h. Ça commence. L'excitation monte rapidement, c'est très communicatif, je suis limite de crier "Zhongguo jiayou!* (je l'ai pas fait, hein).

Bon, autant l'avouer tout de suite, les quelques premières minutes ont consisté pour moi, à faire preuve d'une force toute contrôlée, pour éviter que je ne verse ma larme en public. Totalement subjuguée par la beauté des images qui se déroulaient sous nos yeux, j'applaudissais en cœur avec mes voisins, tout aussi subjugués. Bref, que du bonheur. Sur l'écran, mais aussi autour de moi, une ambiance coupe du monde à la bonne franquette, il ne manquait plus que Dédé et son accordéon, un petit Muscat avec des olives.

Le public grossit encore, pour déborder sur la chaussée. Les bus commencent à avoir du mal à passer car la rue n'est pas si large, on sent que la circulation se complique dans notre dos, des klaxons s'énervent.

Pas grave, le public est heureux, des whaa! et des cao!** fusent, les applaudissements continuent. Puis l'image de Hu Jintao*** derrière sa tribune apparaît, et c'est le silence. Seules deux ou trois personnes applaudissent en hésitant, puis abandonnent rapidement en voyant qu'elles sont les seules. Et le spectacle continue. Les whaa! et les cao! reprennent. C'est le pied absolu. Le feu d'artifice qui traverse la ville en son centre, suivant un axe olympique qui part de la place Tiananmen jusqu'au stade où se déroule la cérémonie, passe au dessus de nos têtes car nous sommes à mi-chemin, tout le monde se lève et admire le ciel. Il ne pleut pas. Le spectacle est partout. C'est très réussi.

Le trafic est de plus en plus perturbé, et bientôt le klaxon bien reconnaissable d'une voiture de police retentit. "Dégagez la rue et rentrez chez vous ! Il faut rentrer chez vous maintenant !". Incrédules les gens se retournent et observent sans bouger. Des rires éclatent. "Rentrez chez vous maintenant !". Le spectacle a commencé depuis un quart d'heure à peine. Autant vous dire qu'à ce stade de la cérémonie le public a envie de rentrer chez lui comme d'aller travailler un jour de Nouvel an chinois. La scène est totalement surréaliste, avec d'un côté, des Pékinois qui prennent vraiment leur pied devant la cérémonie qu'ils attendent depuis sept ans, et de l'autre, des policiers qui, pour réguler la circulation ne trouvent d'autre solution que de renvoyer les gens chez eux.

A peine deux ou trois minutes après, l'écran montre des faiblesses de transmission, avant de s'éteindre totalement. Fini. Il reste encore un peu de son, ce qui a pour effet d'augmenter notre frustration de ne pas voir les images qui l'accompagnent. Des éclats de voix se font rapidement entendre, c'est la stupeur. Les gens se regardent, personne ne comprend. Le son s'arrête aussi, le spectacle est à présent tout à fait terminé.

"Qu'est ce que ça veut dire ?", "rallumez la télé !". Rapidement les gens s'énervent, notre grand plaisir coupé en plein vol après quinze minutes de féérie. C'est vraiment rude. Il ne faut pas longtemps pour que l'explication circule, l'écran a été éteint sur ordre de la police, afin que les gens se dispersent et rentrent chez eux. Stupeur, mais aussi vraie colère dans les rangs.

"Qu'est ce que ça veut dire ? Tous ces gens qui regardent et vous coupez comme ça ! Rallumez la télé !!". Une femme d'une cinquantaine d'années est tout à fait énervée. Plusieurs personnes passent par dessus les barrières et se dirigent vers les deux gardes qui depuis le début se tiennent droit comme des piquets sous l'écran. Ils sont une quinzaine à s'attrouper autour d'eux, les prenant comme responsables et les interpelant vivement. Une fille se retourne vers le public et dit "Allez tout le monde ! Criez tous en même temps, Rallumez la télé !!".

ecranEt tout le monde crie, moi la première, "kai dianshi ! kai dianshi !". Une vraie manif se met en place. Des "dianshi jiayou ! dianshi jiayou !****" fusent, ce qui a pour effet de faire rire tout le monde.

En vain. L'ordre est sans appel, l'écran ne sera pas rallumé. Beaucoup de spectateurs sont déjà partis. Je suis vraiment dégoûtée. Je prends à partie un bonhomme, "mais pourquoi ils font ça ? ça n'a pas de sens !". "Oui tu as raison, ça n'a pas de sens".

Une vingtaine de minutes s'écoulent, et les images ne reviennent toujours pas. Beaucoup se découragent et partent. Les gens sont dégoûtés. Je suis réellement triste à l'idée de toutes ces images qui m'échappent.

Un bel exemple de manque total de respect de la population. Les plus têtus reprennent leurs assauts vers les gardes. Ils veulent leur cérémonie, ils vont aller la chercher, et ils l'auront. A présent la police se déplace. Deux militaires armés, casqués et harnachés de gilets pare balles se plantent face à la petite foule qui reste.

Ils vont rallumer l'écran, c'est officiel. De toute façon il n'y a plus grand monde maintenant.

En effet, l'écran se rallume, aux deux tiers. C'est déjà ça. Des cris de joie partent de tous côtés. Le spectacle reprend. Tout va bien. Mais on a loupé une grosse partie du plus beau de la cérémonie, les tableaux culturels.

Bientôt les équipes olympiques entrent en scène. Et un autre divertissement s'offre à moi. Celui des réactions des Pékinois selon les pays. Applaudissements pour la plupart des pays totalitaires, gros applaudissements pour Dashan, le Canadien vedette en Chine pour son chinois parfait, applaudissements pour Taïwan annoncé "Chinese Taipeh" et pour Hong Kong, applaudissements marqués pour l'Irak, quelques sifflets pour le Japon, la France n'inspire pas grand chose, ils ont beau agiter leurs canotiers, ils passent aussi ignorés que le Liechtenstein.

Voilà. Je n'ai pas tenu au-delà du passage des Français. De chez moi je vois au loin les feux d'artifice de Hou Hai, et un bout de ceux de la place Tiananmen. Le 080808, c'est fini.

* Allez la Chine !
** Putain !
*** Président de la RPC
**** Allez la télé !

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08 août 2008

Tous aux abris, la fête commence !

080808

Premières impressions de cette étrange journée.

Alors non, ils ne sont pas tous terrés chez eux tremblant de peur attendant que la menace terroriste frappe. Tout autour de la place Tiananmen, et dans le quartier de Qianmen rouvert hier après des années de travaux, ils sont des milliers à attendre que les feux d'artifice soient lancés. Bandeaux rouges autour de la tête, autocollants sur les joues en forme de cœur rouge étoilé, et bien sûr les deux petits drapeaux accrochés dans les cheveux ou brandis dans chaque main, celui du drapeau chinois, et celui des JO.

L'attente. Ni plus, ni moins chaude que dans une salle d'attente à vrai dire, on attend. Pas de musique. Pas de stations crêpes. Pas d'odeur de pop corn ou de barbe à papa. La fête ils la feront plus tard, entre eux. Les cars de police passent et repassent. Le boulevard de Gongtibeilu et les rues qui entourent les stades des Travailleurs, sont en état de siège, une voiture est inspectée, dessus, dessous, dedans, sur les côtés.

Le reste de la ville, ou en tout cas ce que j'en ai vu, est tout bonnement désert comparé au flot habituel de passants.

Bon je vous laisse, je retourne me plonger dans cette ambiance de fête qui déchire tout ! Il est 19h. La cérémonie commence dans une heure.


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080808

kaishi

C'est très original de poster un article le 8 août à 8h08 quand on est à Pékin en 2008, donc je le poste à 8h08 le matin, et non le soir, histoire d'être un peu rebelle. La photo n'est pas à l'heure non plus puisqu'elle date de trois ans. Et le ciel n'est pas raccord non plus puisqu'il est bleu. Champ de vision vierge de fuwawa*, de drapeaux et de képis ... c'est le Pékin que je préfère. Le Pékin calme et détendu.
Comme me disait hier en plaisantant un ami chinois, "il fera beau demain car le gouvernement ne permet pas qu'il fasse mauvais le 8 août 2008". J'adore cette phrase. D'abord parce qu'elle est drôle. Ensuite parce qu'elle fait référence, même sur le ton de la dérision, à cette confiance tranquille qu'ont beaucoup de Chinois en leur gouvernement. En cette confiance qu'ils ont de sa fermeté et de sa faculté à faire tourner les éléments dans le sens qu'il faut.
A l'heure où les étrangers résidents de Pékin se renvoient depuis quelques jours la question "et toi tu fais quoi pour le 8 au soir ?", "tu la regardes où la cérémonie ?", les quelques connaissances chinoises que j'ai et à qui j'ai posé ces mêmes questions m'ont toutes répondu "je reste à la maison", "je vais regarder la cérémonie à la télé en famille", sans parler de ceux qui quittent carrément Pékin, "car il y aura trop de monde". Je parierais fort qu'un même événement à Paris auraient sorti les gens de devant leurs télés, les auraient rassemblés dans les cafés, les bars, les places publiques, pour vivre et vibrer ensemble ... comme en 1998.
On assiste à un Pékin qui se vide. Des rues où moins de passants se promènent. Des restaurants qui marchent au ralenti. Des hôtels très loin d'être complets. Des surveillants de rues déguisés en bonshommes de la circulation plantés à chaque carrefour, agitant sans conviction et surtout sans effet des petits drapeaux rouges pour indiquer aux vélos que c'est à eux de passer, ou à eux de s'arrêter.

4 jours. C'est ce qu'il me reste pour vivre les JO de Pékin 2008, puisque pour des raisons de formalités de visa de résident je dois quitter la Chine dès le 12, pour y revenir après la cérémonie de clôture. Ironie de mon histoire chinoise, moi qui m'étais promis il y a trois ans de rester jusqu'aux JO, pour vivre cet événement hors du commun. Et finalement de réaliser que non, je ne suis pas si malheureuse de quitter la ville et son ambiance de garnison qui dépékinise le plus pékinois des Pékinois.

Je vais essayer de palper le pouls de ces premiers jours d'olympisme, ou ce qu'il en reste. Et de revenir non avec une médaille, mais avec d'autres histoires.

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06 août 2008

Excusez-moi de vous demander pardon

babuwenJe sais que vous êtes nombreux à attendre la suite de Lou, mais à deux jours de l'ouverture des Jeux (quoique vu l'ambiance, "examens", "soutenance" ou "coloscopie" seraient plus appropriés, car enfin rien n'annonce que ce qui arrive est de l'ordre de l'amusement) Olympiques, il serait quand même tout à fait saugrenu - voire terroriste - de ne pas effleurer le thème. Séchant gravement sur la question des "Jeux" mêmes, je trouve les "à côtés" bien plus rigolos.

Prenez par exemple les Babuwen. Du jamais vu en matière de civisme. Les Babuwen, ou "Le choc des civilisations expliqué à ma mère par le Parti".

Explications. Pariant sur une marée d'étrangers affluant à Pékin pour les JO (ils sont en fait beaucoup moins nombreux qu'attendu), le gouvernement chinois, dans sa grande mansuétude, a jugé nécessaire, voire impératif, de constituer une petite liste de 8 questions à pas poser à un étranger, et d'afficher cette liste parmi d'autres conseils civiques tous plus farfelus les uns que les autres, sur les nombreux panneaux qui jalonnent la ville. Encore cette foutue manie du pense-bête.

Fidèle à son habitude de s'adresser à ses concitoyens comme s'ils étaient tous pareillement demeurés, le gouvernement chinois s'est creusé le carafon pour établir cette liste, soucieux qu'il est que l'étranger ne soit pas importuné par les multiples questions intrusives que les Pékinois, par nature curieux et communicants, posent à longueur de temps et de façon tout à fait naturelle et spontanée.

- Tu gagnes combien ?
- T'es mariée ?
- T'habites où ?
- C'est quoi ton travail ?
- T'as quel âge ?   etc etc ...

Gnüüüt !!!! perdu !! vous êtes un mauvais Pékinois !!

Par contre les questions suivantes sont tout à fait tolérées :
- t'as pas cent balles ?
- c'est combien ? (de préférence à une jeune fille qui attend une copine)
- t'en veux ?
- est-ce que tu portes une arme nucléaire sur toi ?
- t'es plutôt slip ou caleçon ?
- vous couchez ensemble ? (vécu avec un camarade de fac pendant une visite de musée en 1995)
- quelle est ta fuwa* préférée ? (celle-ci est particulièrement vicieuse vous en conviendrez)

Personnellement mes babuwen sont :
- Purée, t'as arrêté de te nourrir ? t'es maigre ! (top number one)
- Pourquoi t'es venue en Chine ? (déjà posée cent trente douze fois)
- C'est qui tes amis ?
- Pourquoi tu fais un blog ?
- Pourquoi tu mens sur ton âge ? (mais euh, j'ai vraiment 34 ans !)
- T'as fait quoi comme études ? (un intitulé de troisième cycle tout bonnement imprononçable)
- T'écoutes quoi comme musique ? (euh, de la musique)
- Tu veux une cigarette ? (ah ben non hein, j'ai arrêté je vous dis ! ah mais)

Mais je m'égare. Au milieu de ces questions anodines et pourtant déconseillées, les questions portant sur les opinions politiques et les croyances religieuses sont également tabous. On se demande d'ailleurs si les six autres questions ne sont pas là uniquement pour justifier ces deux-là. De toute façon, que le gouvernement se rassure, les dialogues entre touristes et locaux sont déjà rarissimes tant le barrage de la langue est rapidement plus efficace que toutes les listes du monde.

Bref vous l'aurez compris, au pays des JO de Berlin ... pardon! de Pékin, où l'étranger typique est masculin, blond, anglophone, cravaté et prénommé Peter (cf dessin), le plus simple est encore de ne pas se parler du tout, ça simplifie la question.

Et vous c'est quoi vos "babuwen" ?


*mascottes chinoises des Jeux Olympiques

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26 juillet 2008

Même pas mal

tongyigemengxiang

   

Attention, un intrus s'est glissé dans cette image. Saurez-vous le retrouver?
Facile !

Philippe Richard, le Chantal Goya des petits Pékinois, n'est pas homme à se laisser abattre. Même par une bande de cinq fuwawa* enragées. Animateur, chanteur pour enfants, ce Français de Pékin de longue date est certes le premier - voire le seul - chanteur français (et étranger se plait-il à rappeler) à pousser la chansonnette dans la langue de Mulan, sur le sol chinois. Gravement enfuwawaté, il semble être tombé dans la marmite de la grande lessive des cerveaux, et ne s'est pas fait prier (ni payer) pour composer, interpréter et enregistrer à ses frais, un hymne à la JO(ie), intitulé "L'année 2008, ma fierté pour toujours". Quand on aime, on compte pas.

ONE WORLD, ONE DREAM
Tong yi ge shijie, tong yi ge mengxiang
UN MONDE, UN REVE
Tong yi ge shijie, tong yi ge mengxiang


lalalalala

Le gouvernement chinois, dans sa grande reconnaissance et sa grande bonté, ne l'a pas autorisé en échange de cette publicité gratuite, à enregistrer son vidéo clip où il voulait (en haut d'un immeuble surplombant la ville), lui qui a en outre, été désigné responsable des annonceurs en langue française pour les jeux. Quand on aime, on pardonne. (Moi je dis, le canard laqué a parfois une gueule de dindon farci. Bref)

Qu'à cela ne tienne, Philippe a kidnappé cinq petits nenfants chinois (euh ... Philippe, les fifilles ne sont-elles pas très peu représentées dans ton casting ? hmm ? c'est une affaire de mec la chansonnette fuwawa ?) pour les faire poser dans son clip.

sparadrapsOlympiquesEt si ce tube vous casse la tête, j'ai un remède imparable : le sparadrap fuwawa. Invention géniale des laboratoires Johnsons qui sonnera le glas de la cerise peinte au mercure au chrome, le sparadrap fuwawa guérit tous les bobos ... attention, pour certains, il est cependant peut-être trop tard. En vente chez Watsons.

*mascotte des JO



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23 juillet 2008

Un Chimulus sinon rien

saucisse




















Les plus observateurs auront sans doute remarqué une nouvelle adresse dans mes liens "Je lis aussi".
chimulusTELAVIVComme Chimulus le dit si bien sur son site internet, "un bon dessin vaut mieux qu'un long discours". Dessinateur de presse, Chimulus sévit sur de nombreux supports et son humour de comptoir sans dentelle me va droit aux zygomatiques.
Chimulus avec le 'tit café du matin, c'est une journée qui commence bien !
Je vous conseille ses blablas de zinc.

Posté par camillenchine à 22:04 - Blog crossing - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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